Une filière qui a le vent en poupe ‹ Eco

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Excellence
L'éolien flottant
Une filière qui a le vent en poupe
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publication -

Un projet expérimental d’éoliennes flottantes en pleine mer, un colloque international sur le sujet, des « rendez-vous business » pour sensibiliser les entreprises locales… La Métropole accompagne l’émergence d’une technologie innovante et ce dans un secteur hautement stratégique : la mutation du modèle énergétique français.

La sauvegarde de la planète l’exige, la transition énergétique doit être accélérée. La production d’énergies « propres » répond à un triple enjeu sociétal, environnemental et économique. Or, la Métropole Aix-Marseille-Provence, déjà très active dans le soutien à la filière énergie-environnement (solaire, biomasse, smart grid, nucléaire…), possède un autre atout de poids, d’autant plus inestimable qu’il est naturel : son littoral maritime. En effet, l’addition de la mer et du vent offre une source d’énergie inépuisable. Le principe est simple : convertir, grâce à des éoliennes, la force du vent en électricité.

Les chiffres-clés de l’éolien offshore flottant

Quatre fermes pilotes en France : deux en Occitanie (Leucate et Gruissan), une en Bretagne (Groix-en-Bretagne) et une en Paca : Provence Grand Large, sur la zone de Faraman pour la façade méditerranéenne (régions Occitanie et Paca)

  • Un potentiel de 3 000 MW avant 2030
  • 700 000 tonnes d’émissions de CO2 évitées tous les ans
  • 11 % de la consommation électrique
  • Une perspective de retombées économiques de 2 900 M€ à l’horizon 2035

Sources Innosea – BVG associates, France énergie éolienne

Il n’est donc pas étonnant que la Métropole, aux côtés de la Région Paca, ait identifié comme prioritaire le projet de ferme éolienne offshore flottante expérimentale « Provence Grand Large » (PGL). La démarche consiste à implanter trois éoliennes flottantes de 8 MW, sur la zone de Faraman, à 17 km au large de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Elles seront construites par EDF Énergie Nouvelle en partenariat avec Siemens Gamesa pour la turbine, SBM Offshore pour le flotteur, RTE pour le câble en mer.

La puissance totale du parc représentera la consommation d’électricité de 40 000 foyers environ. Les éoliennes s’élèveront à presque 190 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les pâles mesureront 75 mètres de long, pèseront 28 tonnes et balayeront quelque 18 600 m2 de surface.

Pourquoi des éoliennes flottantes ?

Contrairement aux éoliennes offshore traditionnelles, les éoliennes flottantes ne sont pas fixées au fond marin mais seulement ancrées au moyen de câbles. Elles peuvent donc être placées loin du rivage. L’intérêt ? S’affranchir des contraintes de profondeur, réduire considérablement l’impact sur le paysage et tirer un profit maximal des vents. L’installation s’en trouve simplifiée et les besoins en matériaux grandement diminués.

Phase expérimentale

Mais la technologie, d’ores et déjà développée, doit être testée en conditions réelles. La stabilité des flotteurs, le système d’ancrage sont autant de défis technologiques à relever. Le challenge est, bien évidemment, aussi financier. Mais à terme, les coûts de production et d’exploitation vont diminuer. Avant l’horizon 2050, l’éolien flottant pourrait devenir la plus importante source d’énergie marine renouvelable. Cette expérimentation préfigure donc une filière de taille mondiale. La Métropole anticipe ainsi le développement d’une activité qui la fera rayonner dans le monde entier, générera de fortes retombées économiques et sera créatrice d’emplois.

Concertation

Une enquête publique sera conduite prochainement. Les habitants de la Métropole pourront prendre connaissance du projet, consulter les dossiers et les différentes études. Un commissaire enquêteur recueillera les avis et les suggestions. Au terme de l’enquête publique, le commissaire enquêteur remettra un rapport et des conclusions motivées. L’ensemble de ces documents seront également rendus publics.