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Revitaliser le commerce de proximité
Un engagement, une stratégie
Salon-de-Provence © David Girard

publication

Un schéma directeur d’urbanisme commercial métropolitain est en cours d’élaboration. L’objectif est double : réguler le développement des grandes enseignes et éviter les déséquilibres commerciaux.

Le territoire de la Métropole Aix-Marseille-Provence se caractérise par de nombreux cœurs de ville en déficit d’attractivité commerciale, fortement concurrencés par des zones commerciales périphériques. Ce phénomène de dévitalisation des centralités urbaines, bien que contrasté d’un territoire à l’autre, devient préoccupant. Des commerces dynamiques et durables sont indispensables à l’attractivité des centres-villes, la vie locale des communes et la vitalité de la Métropole.

Face à cette conjoncture, la Métropole Aix-Marseille-Provence, dans le cadre de ses missions concernant le développement des commerces, entend jouer un rôle de régulateur. L’institution élabore une stratégie s’appuyant sur un engagement fort de rééquilibrage du territoire. Et elle s’est fixée un objectif concret : mettre en œuvre un document qui sera la clé de voûte d’une vision globale et cohérente. Ce document stratégique, baptisé schéma directeur d’urbanisme commercial (SDUC) métropolitain, s’affirme aussi comme un outil de concertation. Il sera piloté par la direction générale adjointe du Développement économique et de l’Attractivité.

Des actions de revitalisation commerciale des centres-villes seront également déployées par la Métropole et ses partenaires (dispositif de lutte contre la vacance commerciale, accompagnement des communes dans leur politique en matière de commerce de proximité, soutien aux associations de commerçants…).

Le calendrier  

En décembre 2017, un appel d’offres national a été lancé afin de sélectionner au début de l’année 2018 les candidatures des prestataires qui seront le bras armé métropolitain en la matière (bureaux d’études spécialisés dans l’économie et le commerce). Le cahier des charges a été co-rédigé avec l’ensemble des six Territoires et ce, en partenariat avec les agences d’urbanisme et les chambres consulaires (Chambres de commerce et Chambres de métiers et de l’artisanat).

Avril 2018 marque le début de la phase de diagnostic, qui alimentera en parallèle le schéma de cohérence territoriale. Il s’agit de recenser, sur le territoire métropolitain, l’ensemble de l’offre commerciale existante. Ce diagnostic portera également sur l’analyse des comportements d’achat de la population.

Sur la base des premiers éléments issus de ce constat, l’étape d’orientation et de prospective sera lancée. Elle sera suivie d’une période de concertation rassemblant toutes les personnes publiques et les professionnels du secteur. Le SDUC devrait être approuvé lors d’un conseil de Métropole d’ici fin 2019.

Les grands principes

La priorité est d’établir les grands équilibres de l’implantation des différents types de commerces au sein de la métropole. Il convient donc de redynamiser les centres-villes et de stabiliser les grandes zones commerciales périphériques. Ce document stratégique, en phase avec les impératifs d’aménagement équilibrés et durables, entend assurer, de Cuges-les-Pins à Port-Saint-Louis-du-Rhône en passant par La Ciotat, Marseille, Salon et Aix, un développement commercial harmonieux au bénéfice de l’intérêt général.

La dimension, la localisation, la durabilité, l’attractivité de l’appareil commercial existant et à venir seront étudiées afin de parvenir à une concordance entre les différentes formes de vente (petites, moyennes et grandes distributions) et les différents secteurs représentés.

 Les chiffres

En 2016, la Métropole comptait 32 000 commerces employant près de 100 000 personnes, soit 22 % des emplois salariés privés du territoire. Avec une moyenne de 1 700 m² de surface de vente pour 1 000 habitants, Aix-Marseille-Provence se situe à un niveau d’équipement particulièrement élevé (960 m² pour 1 000 habitants au niveau national).

Plus de la moitié de l’offre de vente est localisée sur des zones commerciales, 30 % dans les quartiers et espaces périurbains et 15 % dans les centres-villes.

Le développement récent accentue cette répartition. Même si les dernières opérations emblématiques ont concerné les villes intra-muros (Terrasses du Port et Docks Village à Marseille, Place Morgan à Salon et Forum des Carmes à Istres), la tendance est toujours à une périurbanisation des implantations. La Métropole entend relever le défi du rééquilibrage, vital pour la population, les entreprises et le cadre de vie.